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L'origine

2004 : Les origines du projet :

 

Tout a commencé un certain vendredi 25 juillet 2004 à la sortie d'une réunion du magazine Dun'Air…….

Le Colonel Eric Law de Lauriston de Boubers commande à cette époque la Base aérienne 279 de Châteaudun. Il sait qu'un de ses personnels, le Major Jean-Michel Wuillemain, est passionné d'aviation. Celui-ci en effet propose souvent des articles à caractères aéronautiques ou militaires au bénéfice de la revue. C'est donc, comme il l'a été dit, à la sortie d'une réunion des rédacteurs du Dun'Air, le journal de la Base aérienne, que le Colonel prie le sus dit Major de le suivre dans son bureau.

La discussion fut en fait assez brève :

"- Major, j'ai un challenge pour vous : montez moi un musée sur la base ! Je précise bien sûr que je n'ai aucun crédit à vous accorder". Et, sur un ton narquois :"- Il est bien entendu que si vous réussissez, les lauriers seront pour moi, si le résultat n'est pas à la hauteur de mes espoirs, la punition sera pour vous ! Je vous donne quelques jours pour y réfléchir."

Si l'ordre et le montant des subsides accordés sont sérieux, le commentaire suivant relève bien sûr de l'humour. "- Montez-moi un musée !….", vaste programme : comment, avec quoi, avec qui, avec quels moyens ? Et puis cumuler le travail de chef d'un bureau technique avec la charge que représente cette mission semble quelque peu insurmontable. Cela mérite quelques précisions et réflexions avant que d'accepter.

Jeudi 1er juillet, 15h, retour dans le bureau du Commandant de base.

La Base aérienne de Châteaudun est depuis plus de 70 ans un des plus importants entrepôts de l'Armée de l'air. Au moins depuis la fin de la 2ème guerre mondiale : tous les avions à cocardes bleu blanc rouge sont passés ici pour stockage dans l'attente d'être réaffectés, vendus à des pays étrangers, confiés à des musées et collectionneurs ou réformés avant destruction. Le Colonel De Lauriston s'étonne donc qu'aucun de ses prédécesseurs ne se soit inquiété de préserver au moins un exemplaire de chaque type d'avions composant ce riche patrimoine. Il s'agit pour lui aujourd'hui de sauver ce qui peut encore l'être en faisant remettre en état de présentation un maximum d'appareils de types différents afin de les exposer en divers points de la Base aérienne.

fouga-et-vautour

Les débuts :

 

Par quoi commencer cette étrange entreprise ?

Tout d'abord faire un état des lieux et repérer les avions intéressants. Le tour de la base et des diverses zones de stockage d'avions en plus ou moins bon état va prendre quelques semaines. Le mardi 17 août, rendez-vous est pris avec un responsable du GERSA (unité chargée de l'entretien, de la réparation, du stockage et du désyockage des avions sur la Base aérienne) pour lister les éventuels avions disponibles stockés dans les divers hangars.

Mais un seul homme ne peut pas tout faire, alors il va s'agir de faire connaître le projet afin de rallier le plus grand nombre de passionnés d'aéronautique favorables à ce projet. Et pour faire connaître un projet, l'idéal est de lui donner un nom. C'est à quoi va s'attacher très rapidement l Jean-Michel Wuillemain. Après un samedi après midi de recherches et de tâtonnements à la maison, un nom paraît soudain évident : CANOPEE !

En effet, tout d'abord, pour les amoureux de la nature, la canopée est formée par la cime des arbres de la forêt tropicale, elle abrite notamment des espèces rares et protégées : protéger les avions aujourd'hui rares n'est-il pas le but de ce projet ? De plus, en terme aéronautique, la canopée n'est-elle pas l'autre nom de la verrière d'un avion ("canopy" en anglais). Plus subtilement encore on peut faire de ce nom un acronyme particulièrement adapté :"Conservatoire d'Aéronefs Non Opérationnels Préservés et Exposés en Extérieur".

Très rapidement un petit noyau de personnels de la base se réunit pour former un groupe de travail : le Major Jean-Michel Wuillemain bien sûr (technicien radar sol de l'ESIC, l'Escadron des Systèmes d'Information et communications), le Major Jean-Luc MARS (mécanicien avion à l'EC, l'Escadron de Convoyage) mais aussi le Sergent-Chef William SMITH (informaticien au CISMAA, le Centre Informatique du Service du Materiel de l'Armee de l'Air): des gens de tous les horizons donc. L'Adjudant-Chef Yves Gasq (choumac* du GERSA, le Groupe d'Entretien, de Réparation et de Stockage des Aéronefs) souhaite nous rejoindre …. A une condition !

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Ci-dessus, les 4 piliers de CANOPEE, de gauche à droite : Yves Gasq, Jean-Michel Wuillemain, William Smith et Jean-Luc Mars

En effet, dès la première réunion avec le chef ST, le 10 septembre, une question sera rapidement posée par Yves Gasq : est-il raisonnable de remettre en état des avions pour soit disant les sauvegarder, et les exposer ensuite en extérieur pour qu'ils se dégradent rapidement par la chaleur, l'eau, le froid, voire les rayures ou vols dus aux curieux ? Sûrement pas. Il va donc falloir décider le commandement à nous affecter un hangar digne de la finalité souhaitée par le Colonel.

En attendant, une liste des avions intéressants est figée dans un premier temps : 19 appareils se retrouvent couchés sur notre document de travail. Tout d'abord et pour commencer, tous les avions actuellement exposés à divers endroits sur le site : Ouragan, Mystère IVA, Mirage IIIC, Mirage IVA, Mirage F-1C, Nord-2501, Vautour IIB,Fouga Magister, F-84F, Mirage IIIRD, SMB-2, Flamand et F-100.

- Les Dassault MD-450 Ouragan, Dassault MD-454 Mystère IVA, Dassault Mirage IIIC, Dassault Mirage IVA, Dassault Mirage F1C, Nord-Aviation Nord-2501 Noratlas, SNCASO SO-4050 Vautour IIB et Fouga CM-170 Magister en statique sur diverses pelouses de la base,

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- le Republic F-84F Thunderstreak alors exposé au niveau du mât des couleurs,

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- Dassault Mirage IIIRD et Dassault Super-Mystère B-2 qui se dressent en stèle à l'entrée de la base et au mess officiers

North-American F-I00D Super-Sabre, Dassault MD-312 Flamand II, MD-315 Flamand I, Dassault Mirage IIIB, Dassault Mirage IIIR, Dassault Mirage IIIRD et 2 Dassault Mirage IIIE à l'état d'épaves ou très endommagés, à récupérer au parc à ferraille ou à l'EETRDC.

flammand

super sabre

Après une enquête pas toujours facile pour savoir à qui appartiennent réellement ces avions sur la base, ceux-ci vont être pris en compte par l'officier adjoint comme "détenteur dépositaire" et par le responsable CANOPEE comme "détenteur usager". Cette démarche purement administrative est relativement simple, leurs "propriétaires" étant tous des commandants d'unités de la Base aérienne. Ces derniers une fois repérés, les appareils sont très faciles à prendre en compte par CANOPEE : un simple BM2 signé avec l'unité perdante suffit au transfert. Pourtant, très peu des appareils ainsi récupérés sont exposables en l'état : beaucoup de travail nous attend donc.

* : les Choumacs sont des spécialistes structure des aéronefs, des chaudronniers, soudeurs, peintres sachant tout faire, trouvant des solutions à tous les problèmes posés. Ils sont souvent sollicités pour leur savoir-faire et leur débrouillardise.

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2005

 

Ce début d'année commence curieusement. Le Lieutenant Charcellay, officier adjoint de la base, nous informe qu'elle vient de recevoir un appel téléphonique curieux : un habitant de Châteaudun propose des maquettes et des livres aéronautiques à la base. Cela pourrait-il intéresser CANOPEE ? Rendez-vous est aussitôt pris avec cette personne. A notre arrivée dans une grande maison vide, M. Girard, la personne en question, nous montre 400 maquettes environ, non montées, dans leurs boîtes d'origine, ainsi que plusieurs centaines de livres, revues et documents aéronautiques. Il nous explique que son fils, passionné d'aviation, vient de décéder et qu'il serait bien dommage de jeter tout cela : si ces maquettes et documents nous intéressent, il nous en fait don ! Don que nous acceptons bien volontiers. A nous maintenant d'en faire bon usage par respect pour M. Girard et son fils.

C'est dans son numéro d'avril que le Dun'Air publie son premier article sur CANOPEE sous la forme d'une interview du Major Jean-Michel Wuillemain. Le second portera, en juillet, sur la recherche de maquettistes. Nous n'avons en effet aucun moyen de mettre en valeur le trésor qui nous a été confié et souhaiterions trouver des personnes susceptibles de nous monter un certain nombre de ces maquettes. Celles-ci, exposées sous vitrine, agrémenteraient la présentation de notre Conservatoire.

Le mois de mai va voir s'enrichir la collection avec 6 nouveaux avions : le Mirage F-1C n°41 qui a terminé sa carrière à la 30ème Escadre de chasse, le DHC-6 Twin-Otter n°790 qui, lui, fit ses derniers vols au sein de la MFO, le Jaguar A87 qui ne porte plus ses codes de la 7ème Escadre de chasse, le Jaguar biplace E12 qui fit ses armes au CITac 339 "Aquitaine", le Nord-Aviation N-262A Frégate n°89 de l'Escadron de Liaisons Aériennes 41 "Verdun", tous ces appareils étant déjà réformés sur la BA279. Autre prise en compte, une rareté : le seul et unique Mystère 20P, le n°182, équipé en salle de classe pour l'entraînement des équipages de Mirage IV.

Mystère 20P

Depuis le début, les leaders de CANOPEE souhaitent que les appareils sauvegardés soient mis à l'abri. Comme on l'a déjà dit, à quoi servirait-il de remettre en bel état de présentation un certains nombre d'appareils si c'est pour ensuite les laisser se délabrer en exposition extérieure sur les pelouses de la base ? Notre vœu, plusieurs fois exprimé auprès du commandant de base, va se voir exaucé : en effet le hangar HM5, (Hangar Métallique n°5) complètement déséquipé de ses systèmes d'hygrométrie contrôlée va être mis à notre disposition.

Dés le 7 mai, Jean-Luc Mars au commandes d'un "Tracma", les premiers avions prennent possession de leurs nouveau local. Cette avancée majeure va nous imposer de changer le nom de notre Conservatoire : il ne s'agit désormais plus de CANOPEE (Conservatoire d'Aéronefs Non Opérationnels Préservés En Extérieur), mais bien de CANOPEE (Conservatoire d'Aéronefs Non Opérationnels Préservés Et Exposés)...

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Si notre Conservatoire a un nom, il lui manque un insigne, un signe de reconnaissance, une image. Profitant de la parution du Dun'Air de juillet, nous lançons un grand concours "Un logo pour CANOPEE" en espérant que de nombreux artistes s'exprimeront.

Parallèlement à tout cela, il va s'agir d'officialiser notre Conservatoire. auprès des autorités. Après avoir travaillé longuement sur la rédaction de celle-ci, une note d'organisation est présentée au Colonel de Lauriston qui la signe dès le 21 juillet.

Le 5 octobre 2005 restera un jour très particulier car, même si de nombreuses personnes sont déjà venues admirer notre travail, la visite des nouveaux arrivants et de leurs familles fera date comme étant la première visite officielle au Conservatoire CANOPEE.

Depuis quelque temps nous avons repéré le fuselage d'un Fouga Magister bleu aux couleurs de la PAF. Après quelques recherches on découvre les ailes dans un autre hangar et les verrières encore ailleurs. Jean-Luc Mars est alors chargé de la restauration de cet appareil. Mais deux philosophies s'affrontent, de façon sympathique, au sein de l'équipe : Jean-Michel Wuillemain est surnommé "Y'a qu'à", et Jean-Luc Mars "C'est pas possible". Alors quelle n'est pas notre surprise quand ce dernier nous convoque un jour de septembre pour nous présenter un superbe Fouga magnifiquement remis en état de présentation "C'est pas possible" a, comme prévu, bien travaillé !

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Mise en place du Fouga n°564 en exposition près du mess mixte à l'entrée base par la bande CANOPEE. De gauche à droite : Jil Chardon, Jean-Luc Mars, William Smith, Pascal Bez, Yves Gasq, Marc Morice, Lionel Le Bihan et Jean-michel Wuillemain.

La couleur un peu pâlotte de cet avion nous intriguait, "Y'a qu'à", l'historien de la bande, va donc se pencher sur ce mystère. En fait cet avion n'a jamais fait partie de la célèbre Patrouille de France mais fut peint dans ces couleurs en octobre 1993 dans le cadre de la patrouille éphémère des "Claviers noirs" chargée de célébrer les 40 ans de la PAF. La teinte exacte n'existant plus, c'est la couleur bleue des Alpha Jet , un peu plus claire, qui fut utilisée. Encore un mystère résolu et une anecdote à raconter.... Et le 15 septembre, notre CM-170 n°464 va s'installer près du mess mixte afin de pouvoir être admiré par toutes les personnes pénétrant sur la base.

fouga bleu

Dernier évènement marquant de l'année, la prise en compte du Vautour IIN n°308. Après recherches il s'avère que cet appareil qui se détériorait lentement sur la vieille piste (dite "piste allemande") n'appartient plus à la base mais à celle de Bordeaux ! Quelques coups de téléphone et un BM2 plus tard, voilà le gros oiseau à CANOPEE !

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